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le monde de kalou sur mars, planète d'amour
lundi 02 mars 2009, a 08:37
un conte à vous faire partager
 

un beau conte libanais illustrant l'importance du chemin de vie et de savoir profiter de l'instant présent sans procrastination excessive...

 

Un jeune homme pauvre décide un jour d'aller consulter un vieux sage au sommet d'une montagne et de lui demander des conseils pour changer son destin. En chemin, il rencontre un derviche qui l'accompagne parce que son chemin va dans le même sens. A la sortie de la ville, ils passent près d'un grand arbre dont le tronc creux laisse couler du miel.

 

- Retourne en ville, dit le derviche et ramène deux jarres. Ce miel pourra te rapporter dix dinars d'ors.

- Crois-tu que j'aie le temps ? Ne t'ai-je pas dit que je cherche l'homme qui m'aidera à changer mon destin ? Allons, pressons le pas !

 

Les deux hommes continuent leur chemin et s'arrêtent dans une forêt pour  permettre à leurs ânes de se reposer. Une heure plus tard, un homme arrivant en chantant et conduisant devant lui un âne chargé de deux jarres pleines de miel. Le derviche regarde le jeune homme en souriant...

 

- Ce miel ne provient peut-être pas du même arbre; et puis j'aurais pu me faire piquer par les abeilles ! dit le jeune homme en enfourchant sa monture.

 

Dans une rivière, à quelques lieux de galop, ils aperçoivent un gros poisson qui s'étrangle et qui essaie, en vain, d'attraper une herbe au bord de la rivière.

 

- Donne-lui l'herbe, il semble en avoir besoin, dit le derviche.

- Je n'ai pas le temps de m'arrêter, te-dis-je. Je cherche à changer mon destin.

 

Une heure plus tard, un homme à cheval arrive à leur hauteur :

 

- Aujourd'hui je suis le plus heureux des hommes; je viens de donner une herbe à un poisson qui s'étranglait et, vous n'allez pas me croire, le poisson a fini par cracher dans ma main une perle rare qui s'était coincé dans son gosier. Cette perle vaut une fortune, je sais de quoi je parle car je suis joaillier !

 

Le jeune homme garde le silence mais pousse son âne pour aller encore plus vite. Au milieu de l'après-midi, ils passent près d'un rocher qu'une colonie de fourmis essaie en vain de déplacer.

 

- Si on s'arrêtait pour voir un peu comment elles vont s'y prendre ?

- Derviche, tu me fatigues à la fin ! Je veux arriver au sommet de la montagne avant la nuit.

 

Ils n'étaient pas encore parvenus au pied de la montagne qu'ils entendent deux bergers qui arrivent en devisant gaiement. Ils ont aidé des fourmis à déplacer un rocher qui cachait un coffre plein de pièces d'or. Ce coffre empêchait les fourmis d'agrandir leur royaume souterrain.

Le derviche regarda le jeune homme :

 

- A vouloir te presser pour arriver, tu as fini par n'arriver nulle part. Trois fois, tu as laissé échapper ta chance parce que tu n'avais pas le temps de t'arrêter pour regarder de plus près.

- Mais de quoi te mêmes-tu ? Et puis pourquoi n'as-tu pas fait toi-même ce que tu me demandes au lieu de me donner des leçons ?

- Je ne pouvais pas le faire moi-même, je ne pouvais qu'attirer ton attention, parce que c'est moi qui suis ton destin.

 

Et le derviche disparut, laissant le jeune homme seul au pied de la montagne...

 

Comme dit Etty Hillesum, "Il faut oublier des mots comme la Peur, la Mort, la Souffrance, l'Éternité. Il faut devenir aussi simple et aussi muet que le blé qui pousse ou la pluie qui tombe. Il faut se contenter d'être."

jeudi 19 février 2009, a 08:01
conte navajo... plein de sagesse
 

Il était une fois un jeune homme, qui aimait chasser dans la montagne. Il ramenait le gibier à sa mère et ils en faisaient de délicieux repas. Un jour, alors qu'il se reposait à l'ombre d'un rocher, il aperçut une ourse. Il banda son arc, visa et s'apprêta à lancer sa flèche; mais le regard de l'ourse était tellement doux et tendre que le jeune homme resta figé. L'ourse était belle, elle se tenait debout, les bras ouverts, comme si elle l'attendait, comme si elle l'appelait. Le coeur du jeune homme se mit à battre, non pas de peur, mais d'amour; alors il laissa tomber son arme et s'approcha. L'ourse le prit dans ses bras, ils se serrèrent et s'embrassèrent comme deux amoureux qui s'attendaient depuis toujours.
 
Pendant longtemps, ils vécurent ensemble dans la montagne, et pendant longtemps il s'aimèrent. L'ourse lui montra les secrets de la montagne, les secrets de la forêt et ses pièges, et le secret des plantes qui guérissent et des plantes qui donnent la mort. Elle lui présenta tous les animaux de la montagne et de la plaine, elle lui apprit à les aimer, elle leur apprit à le protéger. Sept années s'étaient passées dans le bonheur, lorsque l'ourse décela sur le visage de son compagnon une légère tristesse.
 
- Qu'y-a-t-il mon bien-aimée ? lui demanda-t-elle.
- Depuis sept ans, je n'ai plus de nouvelles de ma mère. Je me demande ce qu'elle est devenue.
- Oui, je comprends. Vous les humains, même quand vous grandissez, vous restez attachés à vos mères. Demain, si tu veux, tu iras la voir et lui réchauffer le coeur.
 
Le lendemain, le jeune homme partit vers son village, le pas léger, mais le coeur inquiet de l'accueil qui lui feraient sa mère et les voisins après sept années d'absence inexpliquée. L'ourse sentit l'inquiétude de son bien-aimée et décida de le suivre discrètement pour le protéger. Le jeune homme arriva dans son village. Il se faufila jusqu'à sa maison et poussa la porte. Sa mère, comme toutes les mères, fut transportée de joie de revoir son fils, elle le prit dans ses bras et l'embrasse en pleurant. L'ourse, qui avait collé son oreille contre la fenêtre, se rassura. Son compagnon était bien accueilli, il n'était pas en danger.
 
- Mais où était-tu mon fils ? Pendant de longues années, je t'ai pleuré et pendant de longues années, je t'ai attendu.
- Ma mère, je suis marié.
- C'est une nouvelle qui réjouit mon coeur. Mais où as-tu laissé ton épouse, mon fils ?
- Ce n'est pas une femme, c'est une ourse.
 
La mère se figea...
 
- Une ourse, dis-tu mon fils...
- Elle est douce, elle est belle, elle est... Je l'aime, ma mère et elle m'aime aussi !
- Ce que tu dis est impossible mon fils. Une ourse n'est pas comme nous !
- C'est vrai, mais elle est tellement merveilleuse.
- Tu en parles mon fils comme si elle n'avait pas de défauts. C'est quand même une ourse, non ?
- Si tu savais mère comme elle est parfaite.
- Cela ne se peut pas mon fils. Cherche bien. Elle a sûrement des défauts.
 
Pour faire plaisir à sa mère, le jeune homme dit : "c'est vrai qu'elle a mauvaise haleine quand elle bâille." L'ourse entendit cette parole et son cour en fut blessé. Elle revint dans sa montagne, les larmes aux yeux. Pendant sept jours, elle attendit, seule et triste, le retour du jeune homme. A la fin du septième jour, il arriva gai et le coeur léger.
 
- As-tu va ta mère? lui demanda l'ourse.
- Oui ! Elle était heureuse de me revoir !
- Lui as-tu parlé de moi ?
- Bien sûr, je n'ai fait que cela.
- Que lui as-tu dit ?
- J'ai dit que tu étais belle et douce et que nous nous aimions beaucoup, passionnément.
- C'est tout ?
- Oui.
 
L'ourse resta un moment silencieuse.
- Tu vois la grosse pierre qui est là? Prends-la et frappe-moi sur la tête !
- Mais pourquoi donc, mon amour ?
- Fais-le, je t'expliquerai plus tard.
 
D'abord, elle insista puis elle menaça, et le jeune homme finit par s'exécuter. L'ourse se dirigea vers la forêt, la tête couverte de sang. Elle revint une semaine plus tard. Le jeune homme l'attendait inquiet.
- Ma bien-aimée, où étais-tu? Comment va ta blessure ?
- J'étais partie la soigner, regarde et dis-moi si elle n'est pas guérie.
- Elle est encore rouge et toute enflée.
- Ce n'est rien, dit-elle, elle guérira.
 
L'ourse reprit le chemin de la forêt et ne revint qu'une semaine plus tard.
- Regarde et dis moi si ma blessure est guérie.
- C'est extraordinaire, on ne la voit pratiquement plus !
- Tu vois, la blessure que tu as faîte à mon corps avec la pierre a fini par guérir, et bientôt je l'oublierai, mais celle que tu as faite à mon coeur en disant à ta mère que j'avais une mauvaise haleine quand je bâille, celle-là ne guérira pas...
 
Et l'ourse chassa le jeune homme qui revint vivre dans son village. Il passa le reste de sa vie regretter l'ourse et à penser à elle en se disant : "la blessure du couteau guérit un jour, celle de la parole dure toujours".

Présentation
Pour avoir des lèvres attirantes, prononcez des paroles de bonté. Pour avoir de beaux yeux, regardez ce que les gens ont de beau en eux. Pour rester mince, partagez vos repas avec ceux qui ont faim..." Audrey Hepburn

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commentaire(s)
partage Mounette (11/11/2009 10:29)

Permet alors que je ...

partage kalou (10/11/2009 15:32)

et oui mon cher, hél...

partage pere cantoche (05/11/2009 23:09)

EXCELLENT , Kalou .....

une pensée usagi (29/10/2009 18:54)

très beau texte moi...

une pensée kalou (15/09/2009 08:08)

oh père Cantoche com...

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